Toute une génération ne pourra jamais aimer la licence Final Fantasy comme les vieux baroudeurs que sommes et le directeur du dernier jeu numéroté nous explique pourquoi.
Pendant que Dragon Quest mise sur la nostalgie de ses remakes en tour par tour pour séduire un nouveau public, son cousin Final Fantasy se retrouve confronté à un défi bien plus complexe. La licence, qui a largement contribué à populariser le JRPG en Occident, ne parvient plus à générer les ventes escomptées par Square Enix. Si l'aura de la saga reste intacte auprès des joueurs ayant connu ses heures de gloire, l'évolution du marché oblige la franchise à conquérir une nouvelle génération, plus friande d'action et d'expériences plus dynamiques. Un défi délicat, que Naoki Yoshida a partiellement relevé avec FF16, premier épisode numéroté à adopter un gameplay ouvertement orienté action. Mais Yoshi-P, le problème dépasse toutefois la simple orientation du jeu.
Des sorties trop longues entre chaque Final Fantasy
Dans une interview accordée à GamesRadar, Naoki Yoshida, le sauveur de FF14, est revenu sur les difficultés rencontrées par Final Fantasy pour séduire les nouvelles générations. Selon lui, assurer la pérennité de la licence passe par sa capacité à convaincre les joueurs plus jeunes, mais un facteur clé freine cette entreprise : l'intervalle de sortie entre chaque épisode. En effet, 7 ans se sont écoulés entre Final Fantasy 15 et FF16, un laps de temps équivalent à une génération entière, là où autrefois une même plateforme pouvait accueillir plusieurs jeux successifs.
« J'ai 53 ans désormais, et j'ai joué à la saga depuis Final Fantasy 1. Mais pour les nouvelles générations, habituées aux jeux orientés action et aux expériences en ligne compétitives, les épisodes récents sont peut-être plus difficiles à apprécier. L'une des raisons, et je suis désolé de le dire, c'est que l'intervalle entre chaque nouveau jeu est devenu beaucoup plus long. Certains joueurs n'ont donc pas eu la chance de s'attacher à la série comme l'ont fait les fans de la première heure »

Développements plus longs et le cas de la licence
Le problème des longues attentes n'est évidemment pas exclusif à Final Fantasy. Chez Bethesda, les intervalles entre chaque épisode atteignent parfois des sommets. 15 ans après la sortie de Skyrim, The Elder Scrolls 6 semble encore loin, tandis que Fallout 4 a déjà fêté sa dixième bougie sans que sa suite n'ait réellement démarré. Même constat pour GTA 6, attendu en novembre 2026, 13 ans après GTA 5. Les cycles de développement sont désormais plus longs, portés par des budgets colossaux et des attentes toujours plus exigeantes.
Mais là où les licences comme GTA conservent un gameplay relativement constant malgré les changements de décor et de protagonistes, Final Fantasy expérimente régulièrement entre chaque épisode. Ainsi, un fan de FF6 n'appréciera pas forcément Final Fantasy 12. Reste à voir quelle direction Final Fantasy 17 prendra et comme Yoshida l'a déjà dit par le passé, ce sera au bon vouloir de son directeur.
Source : GamesRadar